Article n°1 : Rêve étudiant

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> L’étudiante de la fac fait exploser ses rêves au travers de son rangement.

Juste avant-propos. Je fus bordélique dans la jeunesse. Jusqu’à mes 16 ans. Ce trouble c’est réglé du jour au lendemain, de lui-même. J’ai toujours eu besoin d’ordre dans ma vie, mais dans une vie totalement en désordre qu’était la mienne à cette époque, le bordel était ma façon de mettre de l’ordre. Je ne suis plus comme ça heureusement ^^.

22  Janvier 2016

Je dois ranger ma chambre. Qui est plutôt bien ranger en fait. Par ranger, j’entends remettre à sa place ce qui doit l’être. C’est-à-dire beaucoup de chose.

Je commence donc à faire des tas. Sous l’idée d’Era. Des petits tas, des petits tas, toujours des petits tas [Souvenir des petits trous de Serge Gainsbourg].

Les petits tas sont fait. Sur le bureau, sur le lit, sur la table de la cuisine. Pas par terre évidemment, ça aurait, là, mis le bazarre. Il y a aussi un tas. Un ancien tas, qui date d’une semaine déjà. Un « tas de linge à plier » qui attend bien sagement sur mon lit sont sort avant de finir dans le noir de l’armoire. J’ai fini par dormir avec, flemmingite aiguë oblige. Il s’est donc mélanger avec mon lit. Ce n’est pas inconfortable comme situation, c’est même plutôt agréable. Mais bon, j’ai dû le remettre en tas. Mes vêtements, s’ils avaient conscience, seraient plus à l’aise bien plier dans le placard plutôt qu’écrabouillé par leur propriétaire [à défaut d’écrire « pas une baleine échouée en perdition dans les bras de Morphé].

Donc voilà. « Tas de linge à plier », « Tas de papiers à trier », « Tas de cours de ce semestre », « Tas des cours du semestre passé », « Tas des cours de l’an dernier », « Tas des affaires de toilettes », « Tas de vaisselle à ranger », « Tas de vaisselle à faire ». Ma maison est propre, juste que les tas ne sont pas à leur place. Ma maison est propre, mais c’est pourtant un tableau d’horreur. Je vous explique ? Oui, oui, oui.

Mon « tas de linge à plier » étouffe dans mes couvertures. Une chaussette par ci, une autre par là. Ce n’est pas la machine à laver qui m’a mangé une paire, mais ma taie d’oreiller qui les a chaussettenapés. Traître. En plus de cacher des pétards qui me décoiffe au réveil, elle cache mes chaussettes.

Il y en ensuite mes tas « de papiers à trier » et ceux « des cours ». Mes papiers à trier se retrouvent dans mes cours du semestre passé. Mes cours de cette année sont parties dans ceux de l’an passé. Où est passé ton organisation de fer Gémo ? Peut-être dans un des tas, mais lequel ?

Passons au « tas des affaires de toilettes ». Ce tas-là est bien rangé, bien ordonné. Il reste problématique. Pourquoi ? Bon, déjà, il y en a trois. Trois tas d’affaires de toilettes. En soit, ça ne pose pas de problème. Mais l’un se trouve dans la cuisine, l’autre dans la chambre, et le dernier dans le bureau. Oui, oui. Et dans la salle de bain alors ? Bah à part ma brosse à dent, mon dentifrice, et ma brosse à cheveux, rien. Pour ma défense. J’ai voulu faire un tri la semaine passée dans mes affaires de toilettes. Beaucoup de produit entamé, donc tri pour les dates de consommation. On ne rigole pas avec la peau. J’ai juste, toujours atteinte de cette flemmingite aiguë, pas eu la force de ranger.

On passe à la partie cacher de l’iceberg. La partie horreur de la maison de l’horreur. La vaisselle. Je vous assure. Je décline toute responsabilité de ce qu’il se passe dans la vie de ma vaisselle. Je vous jure, les éléments font la fête entre eux la nuit et se trouvent dans des endroits insolites … [Je précise, je n’aime pas faire la vaisselle -merci inventeur du lave-vaisselle-, mais ça, je pense que vous vous en douterez]. Mon « tas de vaisselle propre », lui, ne pose pas de soucis. Il attend sagement, sur l’égouttoir, que s’égoutte l’eau égouttée depuis plus jours déjà. La vaisselle sale. Hum. Telle une mauvaise herbe, fleurie partout. Une partie se trouve dans l’évier de la cuisine. Une autre dans le lavabo de la salle de bain. Encore une dans le seau à serpillière. Hum. Oui, oui. Partout.

Era compare tous mes tas à des soldats. Des soldats qui ne doivent pas gagner la guerre.

L’image me plait bien. Je pars faire la guerre.  Ca va me défouler. J’explique. La fac est un endroit stressant, pour moi, être atypique. Côtoyer certaines personnes dénuées de logique et d’organisation m’exaspère et j’emploie toute mon énergie à les supporter. Alors à défaut d’exploser mes nerfs sur eux, ce dont je rêverais être capable si je n’étais pas enfermée dans ma morale et le bien-être d’autrui, autant les passer sur ces soldats, que sont mes tas.

D’où le nom de cette article « L’étudiante de la fac fait exploser ses rêves au travers de son rangement ».

Gémo & Era.