Programmation finale

TIC – TAC – TIC – TAC – Panh ! Boom ! Ouf ! fffffflh ! Aïe …

J’ai commencé à écrire cet article le 25 janvier 2018. Je l’ai publié le 27 janvier 2018.
Au 31 janvier 2018, le diagnostic est posé, je passe donc à autre chose, dans une toute autre étape de ma vie.
Réédité le 3 février 2018.

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Hum … J’attends une date très importante depuis plus d’un mois, depuis 2 ans en fait au final … Cette date fait suite, pour ceux qui me suivent, au post de parcours et diagnostic. M’enfin, cette date arrive à grand pas, le 31 janvier. Le stress augmente, et il augmente d’autant plus que je me suis mise en tête, en totale déprime, de mettre fin à mes jours le 31 janvier si cela venait à être négatif. Je sais, c’est excessif, et pourtant, j’y (re)pense … Ce n’est pas une lubie, une prise de tête, un caprice ou autre. Je vous parle d’une réelle souffrance de vie qui devient de plus en plus intenable … Puis ce n’est pas que lié à cette date, c’est une succession de beaucoup de chose, mais cette date est l’une des gouttes d’eau qui fait déborder le vase.

Laissez moi vous compter ce tracas de choses anodines pour le commun des mortels, mais faisant de ma vie un véritable Enfer jours après jours. Bienvenu dans ma tête.

Je suis étudiante. Bientôt à la fin de mes études. Je fais mes années sur 2 ans grâce à un aménagement d’étude (car je ne peux pas tenir concentrée une journée entière et je suis très fatigable). Je ne travaille pas à côté de mes études (je n’ai pas la capacité de mener de front études et emploi, sous peine d’épuisement physique, moral et émotionnel, menant possiblement à une hospitalisation). J’ai quelques amis, que je ne vois pas beaucoup je vous l’accorde. A la fac, j’ai un réseau d’aide. Autant d’un point de vie médecine que social, ce sont mes bouées de sauvetage, mes piliers, et je ne serai jamais arrivée à un tel niveau d’étude si je n’avais pas tout ce monde autour de moi (ou peut-être que si mais mon manque de confiance en mes capacités me fait dire que non). Je suis engagée dans diverses associations étudiantes qui me permettent de sortir et de voir du monde (mes amis se trouvent majoritairement dans ces associations). Je prends les mêmes bus, les mêmes trajets, les mêmes magasins, les mêmes produits, les mêmes lieux de balades. En somme, je connais ma ville, ses habitudes et mes habitudes. Cela fait 7 ans que c’est ainsi, que les choses se déroulent à peu près de la même manière. A part un déménagement, et le départ de personnes piliers le reste ne change pas, et tant mieux.

Le truc, c’est que cette année, c’est la galère, tout comme ça l’était il y a deux ans car je finissais l’année universitaire sans logement et sans certitude d’entrée en M1, et le flou total sur ce qu’il m’attends dans les semaines et mois à venir. Aucune idée de ce que je ferais à la rentrée septembre, et cela m’angoisse terriblement. Encore plus depuis quelques temps que je sais que la direction sera toute différente selon le prononcé du diagnostic ou non. J’ai 3 options qui s’offrent à moi : soit le diagnostic est posé, et là, pas de soucis je pense (en tout cas j’espère), soit il ne l’est pas et j’ai suffisamment de courage et d’énergie pour me battre (et me débattre) pour avoir des aides et avancer malgré la dépense énergétique et émotionnelle plus élevée que le stock que je possède (en évitant si possible un burn-out, une dépression, une pétage de câble me faisant hospitaliser), soit … soit il n’est pas validé et je n’ai pas ce courage et cette énergie, et donc que je tire ma révérence à la vie, à ce qu’elle m’a offert de beau malgré les difficultés, et à cette liberté nouvelle de vivre enfin en paix et d’éteindre mon cerveau et mon cœur à jamais. En somme, je le conçois, les 2 premières options sont meilleures, avec une préférence pour la première, naturellement, mais dans l’acceptation de la deuxième si cela venait à en être le cas, car je sais qu’il y a toujours des solutions. M’enfin, tout dépendra de mon degré de courage et d’énergie ce jour-là ou les jours à venir …

POURQUOI JE VEUX TIRER MA REVERENCE ?

Outre la lassitude d’être ce que je suis, de mes bizarreries, de mon manque de compréhension du monde qui m’entoure et de toutes ces questions dont m’assaille mon cerveau à longueur de journée, sans parler de mon histoire, de la justice, de ma famille, et j’en passe. Cette date est vraiment importante pour moi et risque de marquer un tournant décisif dans ma vie. Pourquoi ? Parce qu’il m’apporterai des solutions. Bon, je pense que c’est possible sans aussi, mais à un autre prix.

En somme, j’ai beaucoup de difficultés à suivre une journée entière, je peine à gérer mes démarches administratives, je suis une brèle totale en relations sociales, et je traverse par moment des vagues anxieuses importantes, ou plutôt de surcharge émotionnelles qui me font littéralement péter un plomb et tout casser, y compris moi-même. Ainsi, avec ce diagnostic, et un dossier déposé à la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), je pourrais avoir une RQTH (Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé – donc travailler à temps partiel), peut-être une AAH aussi (pas sûr mais ça compenserai la perte de salaire – Allocation Adulte Handicapé), et une orientation SAVS (Service d’Aide à la Vie Sociale – et donc apprendre à mieux gérer mon quotidien, les relations, ou au pire, d’être accompagné). L’idéale en soit, une renaissance et un nouveau souffle pour vivre un peu mieux.

En somme aussi, ma psychiatre me dit que je pourrais éventuellement prétendre à tout cela, si le diagnostic n’est pas posé, en justifiant d’un handicap psychique au lieu d’un autisme. Par handicap psychique, elle entend notamment l’impacte de mon histoire sur ma vie d’aujourd’hui, à savoir un stress post-traumatique. En soit réel et que j’accepte. M’enfin. A choisir de toute façon, je préfère ne rien avoir et me laisser crever plutôt que d’accepter d’avoir un handicap traumatique. Vous imaginez ? Avoir été maltraitée et violée est déjà difficile en soit à digérer, une fois fait, il faudrait que j’accepte que ma vie soit fichue, que mon cerveau soit à l’envers à cause de ces gens qui m’ont bousillés mon enfance ? Puis franchement, vous me voyez dire à mon future patron : excusez moi, je suis bizarre, je ne supporte pas le bruit et la lumière et je ne peux pas travailler toute la journée parce que j’ai été violée ? Non. De toute façon, en soit, le diagnostic est déjà posé, je le suis et le resterai, même si l’autorité compétente ne veut pas donné son tampon. Je me sens et je respire asperger. Rien n’y changera. Stress post-trauma et autisme ne sont pas incompatible, bien au contraire, ils se complètent et s’alimentent. Beaucoup d’asperger que je connais ont aussi vécu des choses dramatiques, et pourtant, on ne leur a pas dit « non, comme vous avez vécu des choses traumatiques, vous ne pouvez pas être autiste » … Alors pourquoi pas moi ? Je le suis et je le resterai, juste que sans officialité, bah c’est plus compliqué d’avoir des aides.

POURQUOI JE NE PEUX PAS ?

Croyez-moi, ça me fait bien chier de ne pas pouvoir. Depuis des années que j’en ai envie car je n’en peux juste plus d’être ce que je suis, bah je suis toujours là. Il y a toujours un truc qui m’empêche de le faire !!! Indépendant de ma volonté, mais c’est ce cerveau qui pense trop, il me fait trop penser à ce que vont penser les gens qui tiennent à moi, et ce n’est pas tenable. Puis je réfléchi trop aux conséquences de si je me rate, du coup, je dois réfléchir à tous les paramètres, et toutes les conséquences envisageable. Si je ne l’ai toujours pas fait jusqu’aujourd’hui, ce n’est pas un manque de volonté, ça non, quand j’y suis, j’y suis, je suis prête, et aucune émotion me concernant ne me taraude pour m’arrêter dans mon geste.

  • Bon, déjà, j’ai peur, selon la méthode, que l’on ne me retrouve pas et que je pourrisse là où je suis. En somme, je suis assez solitaire, j’ai très peu d’amis, et pas de famille réellement. Qui s’inquiéterai de ne pas me voir pendant un certain temps ? Combien de mois vais-je rester avant que quelqu’un ne trouve étrange mon absence. J’ai osé poser cette questions. Pour sûr, quelques personnes s’en rendraient compte rapidement. Cette crainte est donc en soit apaisé, même si elle soulève le point suivant.
  • Ce qui me fait mal, c’est de faire de la peine. Les seules personnes qui s’inquiéteraient de mon absence sont des personnes auxquelles je tiens beaucoup. C’est probablement réciproque. Le truc, c’est que certaines sont au courant de mes projets, et que ça rajoute un poids à la décision. En somme, ça fera nécessairement de la peine, mais ça en fera d’autant plus pour ceux qui étaient au courant et à qui j’ai dit que ça allait passer ou qu’en parler m’évitait de trop y penser et donc de passer à l’action. Puis d’en avoir parler induit aussi le point le suivant.
  • Du coup, à force de le dire, plein de choses ont étaient mises en place pour éviter que je me retrouve seule ce jour-là. Je devais à la base y aller en train et en voiture avec quelqu’un, puis pour le retour, en voiture puis fait le fin du trajet en train. Train sous lequel je voulais passer (bon, en présentant toutes mes excuses à l’avances des retard de train que cela aurait entraîné). Mais finalement, la personne qui m’accompagne m’accompagne en voiture de chez moi à chez moi. En somme, pas de train, pas de route à traverser, pas de pont à passer. Aucune chance donc sur le trajet. La personne n’est pas au courant de ce projet, c’est un concours de circonstance qui a fait qu’il me conduirait totalement en voiture. Le soir même, un ami vient à la maison jusqu’au lendemain, lendemain où je pourrais aller voir ma psychologue (qui est en somme pas non plus au courant du projet, mais de l’importance de la date oui).
  • Puis ensuite, qui s’occuperai de chez moi, de mes affaires, de mon corps ? Mes parents ne se souciant gère de moi, qui va faire tout ça ? Personne n’a leurs coordonnées à part moi, et je ne compte pas les donner, ils ne sont plus ma famille. Qui alors ?
  • Puis aussi, croyance ou non, à force d’avoir entendu qu’il y avait une vie après la mort, ça me stress. La mort c’est quoi ? S’éteindre et ne rien ressentir, disparaître définitivement, que notre conscience s’éteigne à jamais, ou alors le début d’une nouvelle vie d’errance à l’image de notre vie sur Terre ? En somme, si je fais le choix de mourir, c’est parce que la vie n’est pas faite pour moi, trop difficile, et mal adaptée. Savoir que je continuerais à vivre, à penser, à ressentir après ma mort ne m’enchante guère. Si je meurt, c’est parce que je n’ai pas envie de vivre. Je n’ai pas envie de devoir subir une seconde vie, dont personne n’est jamais revenu pour nous dire comment c’était. Et si jamais elle était pire ? Et si jamais celle-ci ne pouvait plus s’arrêter par un suicide ? Si elle durait jusqu’à la fin des temps ? Non non non, sans moi. Du coup, je ne sais pas.
  • Il y a aussi une promesse, faite à une amie ayant risqué sa vie pour sauver la mienne le jour où je me suis jeté sous un bus. On s’est promis de mourir après nos 100 ans, et ensemble. Bien que j’ai failli trahir cette promesse plusieurs fois, elle me hante car elle me devient plus difficile à tenir d’année en année. Elle est culpabilisante.
  • Puis il y aussi que j’ai plein de rêves en tête, plein de chose que j’aimerai faire … Devenir psychologue et apporté l’aide que je n’ai pas eu, puis celle que j’ai eu, à des victimes d’agressions et de crimes sexuelles et autre trauma, me battre pour que la Justice arrête de minimiser les agressions sexuelles et les crimes sexuels, apporter mon aide aux démunis, inventer des choses, écrire des livres (bon, j’en ai déjà écrit un, mais je veux en écrire d’autre), etc tant d’autres choses.
  • Aussi qu’accessoirement parlant, je comptais ne m’engager dans rien passer cette date, mais c’est tous l’inverse … Un solo dans des concerts, un atelier théâtre, un atelier sophrologie à engagement « strict », le remboursement de 2 achats, la visite d’une amie en avril, un voyage en Allemagne en avril aussi, un travail d’été … Un engagement étant un engagement, bah, difficile de dire non …

M’enfin voila. A l’heure actuelle, je ne sais pas ce que je vais faire. Vivre ou non. Je n’en sais rien. Mon cœur et ma raison me disent de continuer à me battre, ce que j’aimerai beaucoup. Mais je me connais aussi, mettre fin à mes jours m’a tellement obsédé depuis que l’on m’a donné la date du rdv, j’ai préparé pleins de plans, tous faisables, avec toutes les conséquences en cas de ratage envisagées, il n’y en a d’ailleurs aucunes chances de ratage car j’ai fait en sorte de garder les méthodes les plus sûres. En soit, je suis prête … Mais on me donne tellement confiance en l’avenir, on a confiance en moi, et certaines personnes se battent pour moi … Comment pourrais-je faire ça ? Après, je me connais aussi, outre la raison, il y a aussi la pulsion … les plus grandes décisions de ma vie ont été prise sur un coup de tête, sur le coup de l’émotion … Je peux contrôler mes envies et ma raison, mais pas les pulsions. Si les résultats me dépasse, si je ne me contrôle pas, et sur la route mon cerveau trouve une occasion en or, j’ai peur qu’il cède à ma place à l’envie d’en finir. En somme, je ne veux pas mourir, je veux que les choses s’arrangent, vivre mieux et sainement, ne plus stresser d’un imprévu ou de quelque chose que je ne comprends pas ou qui me dépasse … Je n’ai plus l’énergie de lutter, même si je me bat chaque jours pour avancer. Je ne veux pas mourir, mais de lui-même, sous une pulsion, mon corps peut le décider à ma place … Mercredi, je serais fixée.

 

> Samedi 3 février > Je suis toujours en vie. La vague d’idées suicidaires est passée, jusqu’à la prochaine, en espérant qu’il n’y en ai pas … Les discussions avec les personnes que j’avais mis dans la confidence m’ont beaucoup aidé à envisager une autre solution que le suicide en cas de résultat négatif. Et le fait aussi de savoir qu’elles étaient là derrière moi à me soutenir et à me comprendre m’a permis de relativiser un peu (je raisonne toujours à froid et dans l’impulsivité). Je remercierai jamais assez ces personnes pour leur présence, leur soutien, et leur aide précieuse. Que ça soit pour ce genre de problématique ou pour toutes les autres choses de la vie quotidienne qui me tracas.