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Le début de la faim

Et bien voila, c’est reparti, j’y suis de nouveau. Après la dernière vague en décembre, plusieurs ce sont écoulé dans un je-m’en-foutisme total, c’était mon seul remède pour palier le flot de mauvais truc qui arrivaient…

Je parle évidemment de bouffe …

anorexie

La dernière crise de restriction était donc en décembre. Enfin, elle a durée novembre/décembre. Depuis, les quelques semaines après ont été plutôt cool et stable. Ensuite, sont arrivés pleins de nouvelles, difficilement gérable pour moi. Confirmation d’un procès correctionnel, puis d’un procès d’assise, diagnostique de posé, toutes les difficultés habituelles, mes parents, un décès dans la famille, les cours qui ne se passaient pas bien, la solitude, un voyage un peu stressant même si génial, bref, plein de choses qui sont venue perturbé un équilibre déjà instable. Pour le coup, je n’étais alors pas dans la restriction, mais plutôt dans la mal-bouffe. Manger H24, pas diététiquement, sans faire de sport. Je m’en fichais un peu en faite de l’image que j’avais de moi-même et de ce que les autres me renvoyaient. Jusqu’à il y a une semaine. En faite, durant la semaine qui vient de s’écouler, il c’est passé une accumulation de chose faisant que, à force, le côté obscure de la force me rattrape.

Premièrement, il y a une amie, du moins, je ne sais pas si c’est vraiment une amie car elle sait que j’ai du mal avec ça, et pourtant, elle continue à le faire. Je ne l’avais pas vue depuis un certain temps. Elle est venu chez moi pour bosser ses statistiques pour son mémoire. Et j’ai eu le droit à ses remarque habituelle. « Tu as un gros cul », « quelle chance tu as d’avoir un gros cul », « cul d’africaine », « tu as un cul trop sexy », et j’en passe. N’importe quelle fille serait sans doute flatté par ce qui semble être des compliments. Bah pas moi. Etant passé entre les mains de plusieurs garçons/hommes, qui m’on volé mon corps, déjà, je ne suis pas à l’aise dedans. Mais surtout, la peur quotidienne quand je marche dans la rue et de voir les hommes/garçons qui me regarde, qui regarde mes fesses. Je me sens comme un morceau de beaf-steack en plein milieu d’une arène de fauves … J’ai pas envie d’être sexy, j’ai pas envie d’attirer les hommes, j’ai pas envie, j’ai pas envie, j’ai pas envie. Ce cul me saoul, me tue, me complexe, me fait me sentir mal et pas en sécurité. Se faire siffler et happer à chaque coin de rue, c’est invivable. Je n’en veux plus…

Deuxièmement, parce que, disons que quand on enfonce violemment un sexe dans la bouche d’un enfant, en l’occurrence, dans la mienne, et bien, cette bouche devient à elle seule traumatisante, source de souvenir. Disons que par période, la nourriture change de forme. Cela le fait souvent avec les saucisses, que j’ai d’ailleurs arrêter d’avaler. C’est cette chose, ce sexe qui s’affiche dans mon assiette, le goût et la texture également. Arf … Cela ne fait pas ça qu’avec les saucisses malheureusement. Quand l’image s’active, elle reste pendant longtemps. Là, elle est là depuis jeudi soir. Depuis jeudi soir jusqu’à dimanche, je me suis forcée à mangé car c’est vital, je me suis forcée à mettre cette image dans ma bouche, mais là je ne peux plus … Déjà parce que j’ai l’impression de revivre l’agression à chaque bouchée, mais surtout que dans ma tête, je sais, c’est tordue, comme la nourriture est bonne et me fait envie, mais que ce n’est pas l’image de la nourriture qui entre dans ma bouche, je culpabilise et me rend mal de prendre plaisir à manger  ce qui est pourtant répugnant. Bref, je ne sais pas si c’est claire, mais rien qu’à l’idée de l’écrire, j’en ai des hauts-le-coeur et mal au ventre.

Il y a aussi que du coup, depuis février, j’ai pris 2 tailles de pantalon … en faite, je ne m’en était pas rendu compte car je mettais toujours les deux mêmes depuis genre 2 mois qui sont vraiment large et dans lesquels je me sens bien, ça ne me colle pas à la peau, ça ne me gratte pas. Bref, ils sont parfait niveau sensations. Ce weekend, je devais m’habillais un peu mieux qu’un sac car je devais aller à Paris pour une « formation ». C’est au moment de faire ma valise que je me suis rendue compte que je ne rentrais plus dans mes 3 jeans habituels que je mettais encore il y a 2 mois. Frustration. Et aussi parce que l’un de mes pantalon préféré, à force de le mettre, et bien il est usé à l’entre-jambe car ça frotte, j’ai donc du aller en acheter d’autre (j’en ai trouvé que 1), et il est 2 tailles au dessus de ce que je met d’habitude … à cause de mes fesses … Très grand malaise sur le coup.

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Du coup voila, je suis à nouveau en mode restriction. Je me force à faire au moins un repas par jour le midi, sans envie. La faim est là, c’est évident, je crève de faim, mais c’est plus fort que moi, ces images, je ne peux plus …

Et évidemment, tout ça, je ne vais pas en parler avant qu’on me sorte un « tu as maigris non ? ». Ou bien alors en faisant directement lire ceci aux personnes concernées, mais là tout de suite, l’idée de perte est importante. Perdre me fera me sentir un peu mieux dans mon corps, en redescendant d’une taille déjà ça serait bien, peut-être qu’en appréciant un peu plus mon corps les images vont disparaître, ou alors que d’avoir l’image de mon corps en moins à gérer me laissera davantage d’énergie pour oser parler des images … Je ne sais pas. Perdre est là maintenant très important.

Du coup, je n’ai pas manger grand chose depuis dimanche 13h.

- 1 yaourt dimanche à 17h

- une baguette lundi midi

Depuis ce matin, je me répète dans ma tête « ne mange pas, ne mange pas, ne mange pas, ne mange pas » parce que j’ai faim, mais que je ne veux/peux pas.

Difficile.