Direction les Assises

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Direction les Assises dans La quotidienne -

Cela fait depuis octobre que la date est tombée.

Pas prévu avant 3 à 4 ans comme disait mon avocate en février 2018.

Et bien non, il se trouve qu’il y aura seulement eu 1 an entre la fin des réquisitions avec le renvoi aux Assises et le procès.

En février 2019, ce sera la fin de tout ça, le début d’une nouvelle chose.

J’avais 4 mois devant moi seulement pour me préparer. Je n’ai pas réussit à trouver le temps et l’énergie de publier quelque chose à ce sujet avant aujourd’hui. Il ne reste d’ailleurs aujourd’hui que 9 jours avant le procès. Je stress. Ces 4 mois ont été une véritable descente aux enfer. Comme si l’agression était en train de se produire, tous les jours. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, l’événement a eu lieu il y a presque 15 ans, j’avais conscience qu’il avait eu lieu, mais c’est comme si je vivais les effets seulement maintenant, comme si en fait j’avais nier pendant 15 ans, comme si j’avais mit tout ça de côté sans m’en rendre compte. Je croyais même, et ma psychiatre aussi, que j’avais passé le cap de la résilience. Bah visiblement non, je suis bel et bien dans un état de stress post-traumatique là maintenant. Ce procès va être difficile, mais en même temps je vais me battre pour tenir le coup et aller jusqu’au bout. J’y travail dur, vraiment dur depuis ces 4 derniers mois, sans doute un peu trop car du coup j’ai la tête dedans tous les jours ou presque, mais en même temps, je suis tellement assaillie par les souvenirs, les sensations, les cauchemars, que que je fasse quelque chose ou non, j’ai de toute façon la tête dedans tous les jours, autant que ça soit pour quelque chose d’utile. Juste ça me met très à mal.

Là, depuis 1 ou 2 semaine, je me sens bien, comme si le travail portait ces fruits. J’y pense toujours tout le temps, ça m’obsède, mais c’est moins lourd. Il y a 1 semaine ou 2, je ne me sentais pas prête, ce moment était pour moi la fin du monde. Là maintenant, ça va mieux, je me sens presque prête. Les choses qui me terrifient le plus, c’est de témoigner (je lirai un papier difficilement écrit mais complet), de le revoir lui, et d’affronter ma famille aussi. Ce qui me terrifie aussi, c’est moi-même. J’ai peur de moi, de comment je vais réagir, de comment je vais prendre les choses. Je ne suis pas prête pour faire face à cette tempête émotionnelle qui va me tomber dessus (ou peut-être pas, peut-être que tout ira bien), ça me fait peur. Je pars tout de même rassurée de savoir que je serai accompagnée d’une dame qui sera là avec moi tout le temps, rassurée qu’on ne me laissera pas faire d’acte irréparable, que quelqu’un m’apaisera avant.

En attendant, les journées sont de plus en plus longues et tendues, les nuits cauchemardesque, l’appétit en berne. Je me sens peut-être prête, mais je ressasse quand même et mon corps s’exprime. Parfois je me dis que je rentre dans une phase d’euphorie, la phase juste avant la crise. Euphorie car bizarrement, plus rien ne m’affecte, je parle très positivement de tout ça, je me sens bizarrement trop bien pour tout ce qui se passe pourtant. Euphorie aussi car outre se fait de me sentir bizarrement si bien, ma poitrine me serre, m’oppresse, je dors mal, je mange pas ou peu, j’explose vite et j’ai l’impression de partit en morceau. C’est assez bizarre mais j’arrive pas à trop bien dire ce qu’il se passe dans ma tête et dans mon corps. C’est le fouillis. Se sentir très bien et très mal à la fois, c’est indescriptible.

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